Quand tombe la feuille d’automne, le sanglier la sent, la buse la voit, le cerf l’entend.

Il y a déjà longtemps, alors que la forêt était profonde dans mes jeux comme dans mes rêves et que mes yeux  d’enfant la rendaient plus sombre et plus mystérieuse encore, je me retrouvai à quelques mètres en face de cette bête majestueuse à la ramure imposante.

Survenue de nulle part, sans avoir fait craquer la moindre petite brindille, après m’avoir toisée de son regard pénétrant, elle se fondit dans la verdure entre les bouquets de sapins artistiquement broutés .

L’entrevue avec ce cerf n’avait duré que quelques secondes mais elle avait suffi à me fasciner .

C’était ma première rencontre avec l’animal qui allait m’occuper pendant des heures d’affût et d’approche et me faire parcourir des centaines de kilomètres. Déjà, dès ma petite enfance, il me subjuguait; alors que j’écarquillais les yeux, assis sur les genoux de mon père; le nez sur le pare-brise de la 4CV familiale, tentant de l’apercevoir, le premier de préférence parmi la harde.    

Plus tard me vint alors l’ envie et le besoin de le figer sur une pellicule ……