La fonte des certitudes

La fonte des certitudes
Coule dans le laminoir
Habillées d’inquiétudes
Par des tueurs d’espoir
Dans ce pays de l’infortune
Ses anges broient du noir
Le magnat triche et enfume
La presse et les politicards

La forge de l’acier
Le fer à mille deux cents degrés
La fumée des cheminées
La lave, les gueules encendrées
Comme le chantait Lavilliers
La Fensch, sinistrose vallée
Les hauts-fourneaux sont à l’arrêt
Extinction des feux programmée.

Alors gueule, toi, le grand Édouard 
Pauvre Martin, te reste-il de l’espoir
Porte-voix en haut du dernier gueulard 
Tu te souviens du destin des gueules noires

Sur la plage des de Wendel
Déjà ça sentait l’ Gardénal
Le sacrifice sur l’autel
Cela rappelait fort Germinal
Là, l’espoir s’est envolé
Car c’est l’or que Mittal
Leur avait fait miroiter
Qui à nouveau s’est fait la malle

Et pourtant ils étaient là
Le bas du cul, le mou du cou
Juste avant de sonner le glas
Par les promesses de quatre sous
Comme pour la mort de la Mama
Ils sont venus, ils sont tous là
Les petits, les grands, les ventrus
Pour la parlotte, pour le bla-bla

Alors gueule, toi, le grand Édouard 
Pauvre Martin, te reste-il de l’espoir  
Porte-voix en haut du dernier gueulard 
Tu te souviens du destin des gueules noires

Lorraine, cœur de métal
Que de fantômes dans tes vallées
Plus de textile, plus de cristal
Tu verses des larmes rouillées
Le sang des friches abandonnées
Que le temps finit d’mettre à sac
Les vieilles usines éventrées
Les restes de l’empire Boussac

Et si tous les prolos
Comme le rêvait Béranger
Dans son dernier tango
Décidaient de s’arrêter
Décapiter le capital
C’est le devoir des ouvriers
Et leur pouvoir c’est l’arme fatale
Elle s’appelle grève illimitée

Alors gueule, toi, le grand Édouard 
Pauvre Martin, te reste-il de l’espoir
Porte-voix en haut du dernier gueulard 
Tu te souviens du destin des gueules noires

 Téachel – Charly GIRARDIN  (décembre 2012 – Juin 2013 )

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